Braudel’s Nightmare

  • Accueil
  • > Recherche : sciences sociales

30 mai, 2008

Ne disloquez pas la Maison des sciences de l’homme !

Classé sous Arguments — parcelle521 @ 21:01

Tribune parue dans Libération du 30 mai 2008

wallersteinimmanuel1324.jpgUniversitaire américain, j’ai eu la chance d’être associé à la vie des institutions françaises de sciences sociales depuis près de quarante ans. Si j’interviens aujourd’hui, c’est pour dénoncer la désinvolture avec laquelle certains – politiques, hauts fonctionnaires, et universitaires – s’emploient à détruire un joyau français, la Maison des sciences de l’homme (MSH) à Paris, parce qu’ils n’en comprennent ni l’importance, ni l’originalité, ni le caractère irremplaçable.La MSH a été fondée au début des années 60 sur proposition de Fernand Braudel, qui en a été le premier administrateur et l’est resté jusqu’à sa mort en 1985. Depuis 1968, elle est installée 54, boulevard Raspail dans un bâtiment construit spécialement pour elle sur le site de l’ancienne prison militaire du Cherche-Midi. En 1975-1976, l’Ecole des hautes études en sciences sociales est venue partager ce bâtiment avec la MSH.Pendant les trente dernières années, mes collègues aux Etats-Unis et ailleurs m’ont souvent demandé : qu’est donc cette MSH, à laquelle vous attachez tant d’importance ? Ma réponse était de leur dire qu’il n’existait rien de comparable dans aucun pays du monde. Je leur ai dit que je la considérais comme le ministère des relations internationales des sciences humaines et sociales françaises. Elle exerçait cette fonction à travers les échanges entre chercheurs français et étrangers qu’elle organisait, les nombreux colloques internationaux qu’elle patronnait à Paris et dans les coins les plus reculés du monde, et les publications (ainsi que les traductions en anglais et en allemand) qu’elle éditait.Mais il y avait davantage, encore plus important. C’était l’accueil qu’elle offrait aux chercheurs étrangers, non pas un accueil formel, de simple politesse académique, mais un accueil en profondeur. Je serais bien en peine de dire combien d’Indiens, de Chinois, de Russes, de Brésiliens – mais aussi de chercheurs originaires du Kazakhstan, de l’Iran, du Kenya, de l’Uruguay et d’ailleurs – ont pu connaître les chercheurs français, les savoirs français, à travers leurs invitations et leurs séjours à la MSH. Quand ces chercheurs arrivaient à Paris, on leur arrangeait un programme personnalisé, adapté à leurs besoins. Ils apprenaient ce qu’offre la France intellectuellement. Ils apportaient des idées nouvelles, et s’inséraient dans des réseaux de coopération intellectuelle ouverts sur le reste du monde et sur tous les grands problèmes de nos sociétés. La France leur donnait tout ce qu’elle pouvait leur donner, mais elle en recevait en échange tout autant, sinon plus : une ouverture internationale sans précédent, et le rôle reconnu de pôle de rencontre entre chercheurs venus des différents pays de la planète.

ehessdelaruecherchemidi.jpgPour remplir, et en fait pour inventer un tel programme, pendant les deux semaines, le mois, les trois mois qu’ils passaient à Paris, il leur fallait non seulement un billet d’avion mais un point de repère qu’ils pouvaient revisiter régulièrement, pour parler avec quelqu’un qui pourrait leur arranger les rencontres additionnelles qui émergeaient des premières rencontres, et dont l’importance n’avait pas été perçue au moment de leur arrivée. La Maison était leur maison.

Si aujourd’hui les sciences sociales et humaines françaises sont connues et réputées en dehors de leur foyer d’origine, ou même des limites de l’espace francophone, cela est dû pour une part importante au travail de la MSH. Dans les années de la guerre froide, c’était la MSH qui maintenait les contacts, surtout avec la Pologne et la Hongrie, mais dans la mesure du possible avec les autres pays socialistes. Ce qui lui a permis de profiter à plein des changements politiques décisifs qui ont suivi 1989 : elle avait su avoir un temps d’avance.

wallerstein2pjg.gifQuel est donc le problème aujourd’hui ? Le bâtiment qu’elle occupe doit être désamianté, et les exigences de sécurité conduisent les autorités à préférer des travaux en site libéré à la solution initialement retenue de travaux en site occupé. Les institutions qui y sont installées, les chercheurs qui y travaillent, les services d’aide à la recherche qu’ils utilisent sont donc contraints à déménager de façon temporaire. Certains ont voulu profiter de cette nécessité transitoire pour contraindre la MSH à abandonner de façon définitive l’immeuble qui a été construit pour elle et qui, par ses dimensions et sa localisation, convient parfaitement à ses missions et à ses activités. Du même coup, elle serait dépossédée de sa bibliothèque, dont elle a toute seule constitué les collections pendant quarante ans pour en faire un élément dans un réseau plus large : une bibliothèque complémentaire de la BNF, de celles de Sciences-Po, de la Sorbonne et de Cujas, de l’ENS Ulm et autres, toutes installées dans le centre de Paris. Enfin, pire encore sans doute, elle se verrait «adossée» à d’autres institutions universitaires : comme si elle n’avait pas démontré depuis sa création que son indépendance était la condition de son efficacité, et qu’elle avait toujours œuvré non pour telle ou telle institution, mais pour l’ensemble de la recherche française et internationale.

Cette solution ne permettra jamais à Paris de maintenir son rôle comme lieu de rencontre des sciences humaines et sociales mondiales. La MSH n’y survivra pas, et avec elle le rôle qu’elle a su et pu jouer depuis quarante ans, et qui en fait une institution irremplaçable. Elle doit rester là où elle est, dans un lieu qui lui convient parfaitement, et qui nous a permis de nous identifier avec elle. Elle doit rester notre Maison. Fernand Braudel disait qu’il ne fallait pas «chahuter les institutions.» Le faire avec une telle désinvolture avec un tel joyau serait un crime intellectuel. La France mérite mieux.

Immanuel Wallerstein, sociologue à l’université de Yale (Etats-Unis)

© Libération

10 décembre, 2007

Sciences sociales et humaines, ne les chassez pas de Paris !

Classé sous Arguments — parcelle521 @ 17:31

Tribune parue dans Le Figaro du 15 novembre 2007

theheartofpariswhere.jpgC’est avec incrédulité et tristesse que nous avons appris que deux institutions de recherche françaises qui nous sont chères, l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et l’Ecole des hautes études en sciences sociales (l’EHESS), sont sur le point d’être poussées en dehors de Paris et regroupées sur un site qui, de toute évidence, n’a pas été prévu pour les accueillir. Les conséquences à moyen terme de ce transfert improvisé ne font guère de doute: privées de l’aliment qu’a toujours constitué pour ces deux Ecoles le tissu urbain riche en connexions intellectuelles et en bibliothèques où elles se sont développées, elles seront affaiblies sur le plan international, et perdront sans doute certains de leurs plus brillants représentants au profit d’universités hors de France.

C’est aussi l’oxygène que leur apportaient d’intenses échanges internationaux et l’accueil de nombreux chercheurs étrangers – dont nous avons été – qui va se raréfier. On en pensera ce qu’on veut, le fait est là : ces deux établissements, lorsqu’ils ne seront plus implantés dans le cœur de Paris, auront perdu de leur attractivité et de leur prestige aux yeux des universitaires du monde entier. Et cela, d’autant que les conditions matérielles et organisationnelles de leur créativité ne seront plus assurées.

students.jpgDans la compétition sans merci que se livrent aujourd’hui les institutions de recherche au plan international, rien ne peut être négligé pour attirer à soi les meilleurs chercheurs et les meilleurs étudiants: les performances scientifiques et la qualité de l’enseignement bien sûr, mais aussi les salaires, la concentration des ressources, les facilités de déplacement, le caractère convivial des lieux. L’EPHE et l’EHESS possèdent, en la matière, un certain nombre d’atouts. Qu’en restera-t-il demain ?

Les grandes métropoles européennes révisent aujourd’hui leur politique d’installation des grandes institutions de recherche dans les périphéries des villes : elles tentent de rapatrier leurs campus universitaires au centre de la ville, ayant compris tout ce que les premiers peuvent apporter au dynamisme de la seconde, et vice versa. Curieusement, le déplacement qui est envisagé irait à contre-courant du mouvement actuel.

stanfordcampus.jpgCertains diront que tout cela n’est pas notre affaire puisque nous ne sommes pas des contribuables français. Nous pensons au contraire que ce qu’on s’apprête à faire à l’EPHE et à l’EHESS, et plus largement, aux institutions françaises de recherche et d’enseignement supérieur, nous concerne tous. Après tout, les pays qui, à travers le monde, ont réussi à développer des politiques ambitieuses en matière de sciences sociales et humaines, sont très peu nombreux. La France a bien réussi depuis le XIXe siècle dans ce domaine, tout en se tenant toujours éloignée du modèle du campus américain. Ce qu’elle est parvenue à bâtir, en inventant son système de développement propre, constitue un patrimoine intellectuel mondialement reconnu. L’EPHE et l’EHESS en sont de brillants exemples : les travaux profondément originaux, libres et féconds qui s’y sont développés depuis plusieurs décennies, n’ont cessé de stimuler notre réflexion comme celle de milliers de chercheurs et d’étudiants à travers le monde.

univchicago.jpgNous savons qu’un certain anti-intellectualisme est à la mode aujourd’hui en France. Est-ce une raison pour que ce pays casse les outils qu’il a patiemment et intelligemment conçus et qui ont fait son rayonnement international?

Les chercheurs du monde entier ont besoin que les institutions françaises de recherche et d’enseignement en sciences sociales et humaines bénéficient de tous les moyens de poursuivre leur œuvre.

 

Andrew Abbott (University of Chicago), Arjun Appadurai (The New School), Andrew Apter (University of California, Los Angeles), Emily Apter (New York University), Adam Ashforth (Northwestern University), Jonathan Bach (The New School), Keith Baker (Stanford University), Ron Barkai (Tel-Aviv University), Andrew Barry (University of Oxford), Howard S. Becker (chercheur indépendant), Jay Bernstein (The New School), Richard Bernstein (The New School), David Biale (University of California, Davis), Georgina Born (University of Cambridge), Philippe Buc (Stanford University), Marc Cavazza (University of Teesside, Middlesbrough), Aaron Cicourel (University of California, San Diego), James Clifford (University of California, Santa Cruz), Lawrence Cohen (University of California, Berkeley), John L. Comaroff (University of Chicago), Frederick Cooper (New York University), Lorraine Daston (Max Planck Institute, Berlin), Filip De Boeck (Catholic university of Leuven), Gerard Duveen (University of Cambridge), Nina Eliasoph (University South California), Gilles Fauconnier (University of California, San Diego), Irene Favaretto (Université de Padoue), Nancy Fraser (The New School), Peter Galison (Harvard University), Peter Geschiere (Université d’Amsterdam & Université de Leyde), Carlo Ginzburg (Scuola Normale Superior, Pise), Wlad Godzich (University of California, Santa Cruz), Jan Goldstein (University of Chicago),Peter Gose (Carleton University), Bruce Grant (New York University), Joseph Gusfield (University of California, San Diego), Jürgen Habermas (ancien directeur de l’Institut für Sozialforschung, Francfort), Tamar Herzog (Stanford University), Axel Honneth (Institut für Sozialforschung, Francfort), Lynn Hunt (University of California, Los Angeles), Eva Illouz (Hebrew University of Jerusalem), Saibou Issa (Université de Ngaoundéré, Cameroun), Hans Joas (Maw Weber Center, Erfurt & University of Chicago), Caroline A. Jones (Massachusetts Institute of Technology), Jack Katz (University of California, Los Angeles), Catherine Kudlick (University of California, Davis), Andrew Lakoff (University of California, San Diego), Michèle Lamont (Harvard University), Wolf Lepenies (Wissenschaftkolleg Berlin), Paul Lichterman (University South California), Claudio Lomnitz (Columbia University), Michèle Longino (Duke University), Helma Lutz (Goethe Universität, Francfort), Charles S. Maier (Harvard University), Liisa Malkki (Stanford University), Ted Margadant (University of California, Davis), Donald S. Moore (University of California, Berkeley), Rosalind Morris (Columbia University), Hans-Peter Müller (Humboldt-Universität zu Berlin), Valentina Napolitano (University of Toronto), Molly Nesbit (Vassar College), Emile Perreau-Saussine (University of Cambridge), Paul Rabinow (University of California, Berkeley), Hugh Raffles (The New School), William M. Reddy (Duke University), Aron Rodrigue (Stanford University), Jérôme Rousseau (Université McGill), Teofilo F. Ruiz (University of California, Los Angeles), Blair Rutherford (Carleton University), Günther Schlee (Max Planck Institute, Halle), Ludger Schwarte (Université de Bâle), William Sewell (University of Chicago), Susan S. Silbey (Massachusetts Institute of Technology), Eva Simantoni-Bournia (Université d’Athènes), Gavin Smith (University of Toronto), Ann Stoler (The New School), Ezra Suleiman (Princeton University), Judith Surkis (Harvard University), Ann Swidler (University of California, Berkeley), Charles Taylor (Université McGill), Jurgen Trabant (Freie Universität, Berlin), Eric Worby (University of the Witwatersrand, Johannesburg).

© Le Figaro

NB: le titre proposé au Figaro pour cette tribune était « Sciences sociales et humaines: la France commet une erreur ». Par ailleurs, la liste des signataires ici présentée est augmentée d’une vingtaine de signatures arrivées après la publication dans le Figaro.

29 novembre, 2007

Aubervilliers: une cité des sciences sociales en 2012

Classé sous Données — parcelle521 @ 10:38

babel.jpgArticle paru dans Le Parisien du lundi 26 novembre 2007

L’Ecole des hautes études en sciences sociales quittera Paris pour rejoindre un grand pôle près des EMGP, qui attirera des chercheurs de toute l’Europe.

L’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) va s’installer à Aubervilliers en 2012. Le projet de déménagement de l’établissement parisien, que nous dévoilions en mars dernier, a pris de l’ampleur. Outre les 40 labos de recherche, les 1 100 enseignants et employés et les 2 500 étudiants de l’institution, on parle désormais d’un pôle des sciences sociales qui accueillerait également dhl.jpgl’Ecole pratique des hautes études (Ephe) et la Maison des sciences de l’homme (MSH) Paris-Nord, qui se trouve déjà depuis 2002 à la Plaine-Saint-Denis. Des milliers de personnes, un campus, une bibliothèque, des chercheurs de toute l’Europe… «Cette cité des humanités et des sciences sociales jouerait un rôle majeur, souligne la présidente de l’EHESS, Danièle Hervieu-Léger. Le projet a d’ailleurs été validé dans toute sa dimension par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.»

 

Crainte d’un déménagement anticipé

Dans la perspective d’un déménagement de l’EHESS à proximité du site des EMGP (Magasins généraux), le conseil régional et l’Etat se sont déjà engagés à hauteur de 40 et 25 millions d’euros dans leur contrat de projet. Le groupe immobilier Icade, propriétaire des EMGP, envisage de construire un bâtiment dédié aux activités de recherche et de formation rue du Pilier.

beaudet.jpgbraouezec.gifMais un problème de taille vient bousculer le planning initial. Alors que le déménagement était envisagé pour fin 2011-début 2012, une partie de l’EHESS pourrait être transplantée bien avant. «Le désamiantage des locaux du boulevard Raspail nous obligerait à quitter les lieux en septembre 2008», explique Danièle Hervieu-Léger. Les nouveaux venus s’installeraient provisoirement dans le bâtiment 521 des EMGP. «Les conditions ne seraient pas optimales», estime le maire (PCF) d’Aubervilliers, Pascal Beaudet, qui, avec Patrick Braouezec, le président (PCF) de Plaine Commune, a reçu la semaine dernière la responsable de l’école.

parcelle521.jpg«La principale difficulté, c’est l’accès», ajoute Danièle Hervieu-Léger. Car le prolongement de la ligne 12 du métro et l’ouverture de la station Proudhon-Gardinoux ne seront effectifs qu’en 2012.

Des chercheurs de premier plan ont eux-mêmes exprimé leur inquiétude dans une tribune publiée il y a un mois dans «le Monde», dénonçant «une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom». Depuis, l’assemblée des enseignants de l’EHESS a adopté à 143 voix (sur 148) une motion demandant «à la ministre de l’Enseignement supérieur que soient recherchées en priorité des solutions alternatives de relogement provisoire».

«En aucun cas il ne faut fragiliser cette école», martèle le maire d’Aubervilliers, pourtant impatient d’accueillir la prestigieuse institution. Une solution consisterait à maintenir l’école dans ses murs parisiens trois ans de plus : «Cela fait partie des hypothèses étudiées par le ministère. Nous sommes installés là depuis des années sans qu’il y ait de risque avéré», confie Danièle Hervieu-Léger.

runion24nov.jpgLe PS d’Aubervilliers se démène aussi pour convaincre les chercheurs de franchir le périphérique. Plusieurs élus ont reçu trois enseignants de l’EHESS. Après deux heures de discussions, pendant lesquelles les élus ont tenu à les rassurer sur les perspectives de développement du site, carte à l’appui, l’optimisme semblait de mise. «Les chercheurs viendront, assurent les élus, mais en 2012.»

 

Gwenael Bourdon et Eric Bureau

© Le Parisien

27 octobre, 2007

Menace sur les sciences humaines

Classé sous Arguments — parcelle521 @ 17:41

Tribune parue dans Le Monde daté du samedi 27 octobre 2007
Le déménagement à Aubervilliers, en 2008, de l’EPHE et de l’EHESS ressemble à un démantèlement

Les pouvoirs publics seraient-ils hostiles à l’érudition, aux sciences humaines et aux sciences sociales ? Ils ne donnent pas l’impression, en tout cas, de vouloir en préserver les conditions d’exercice au niveau qui a rendu possible, depuis plus d’un siècle, le rayonnement de la France sur la scène intellectuelle mondiale. C’est ce dont témoigne le sort aujourd’hui réservé à deux des institutions les plus prestigieuses de notre pays : l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), créée par Victor Duruy en 1868, et l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui, après s’être développée dans le cadre de l’EPHE, est devenue autonome en 1975, sous l’impulsion de Fernand Braudel.

saussure.jpgbenveniste2.jpgmarcelmauss2sized.jpglvistrauss.jpgCes deux établissements ont permis l’épanouissement d’oeuvres puissantes et originales, celles de linguistes comme Ferdinand de Saussure, Emile Benveniste ou Antoine Meillet, d’orientalistes comme Sylvain Lévi, Louis Massignon ou Henri Corbin, de comparatistes comme Georges Dumézil, d’anthropologues comme Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss ou Louis Dumont, d’historiens comme Gabriel Monod, Lucien Febvre, Henri-Jean Martin, Charles Morazé, francoisfuret2.jpgvernant200.jpgleroy2.jpgvidal.jpglegoff.jpgFrançois Furet,febvre.gif Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Mirko Grmek, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Jacques Le Goff, d’un sémiologue comme Roland Barthes, d’un sociologue tel que Pierre Bourdieu, d’un psychosociologue comme Serge Moscovici, de philologues tels que Gaston Paris ou Jean Irigoin, de philosophes tels que Jacques Derrida, Claude Lefort ou Cornélius Castoriadis, sans oublier le psychanalyste Jacques Lacan ou encore le cinéaste Jean Rouch.jeanrouch.jpgjacquesderrida.pngcorneliuscastoriadis1.jpgbourdieu.jpgbarthes.jpg Ils ont formé des générations de chercheurs de haut niveau, de réputation internationale, qui ont contribué, par leur travail, au maintien en actes d’une définition exigeante de l’érudition, des sciences humaines et des sciences sociales.

Pour cause de travaux de mise aux normes de sécurité dans la Sorbonne, d’un côté, et de désamiantage d’un bâtiment situé boulevard Raspail de l’autre, l’EPHE et l’EHESS sont l’objet d’une décision prise au mois d’août par les pouvoirs publics leur imposant un déménagement en septembre 2008 dans la commune d’Aubervilliers, au nord de Paris.

img5800.jpgIl s’agit d’une zone où rien n’est encore prêt pour les accueillir : on ne trouve actuellement sur les lieux que des entrepôts et l’immeuble de bureaux en construction que l’Etat entend louer pour ce relogement improvisé et précipité. Autour, ni habitations, ni résidents, ni vie sociale, ni commerces, ni espaces verts. Plus grave encore pour des chercheurs : ils seront désormais à l’écart des bibliothèques et des fonds spécialisés dont la fréquentation assidue est vitale pour leurs travaux.

La plupart des étudiants de l’EPHE et de l’EHESS fréquentent traditionnellement les grandes universités installées à Paris – et vice versa. La transplantation à Aubervilliers rendra désormais très difficile l’accès à cette pluralité d’enseignements et d’apprentissages, cette circulation intellectuelle, véritable marque de fabrique, jusqu’ici, de tant de générations d’étudiants. Et elle brisera des synergies fructueuses entre les deux écoles et leurs nombreux partenaires parisiens (universités, grandes écoles, centres de recherche, etc.).

amphi.jpgPar ailleurs, une des spécificités de ces deux écoles, comme d’ailleurs du Collège de France, est d’accueillir en grand nombre des auditeurs libres de tous âges, de tous milieux, sans condition préalable de diplômes ou de formation, selon une tradition qui remonte au XIXe siècle. Ces auditeurs, parisiens, banlieusards et parfois provinciaux, suivront-ils l’EPHE et l’EHESS dans un lieu excentré et actuellement très mal desservi par les transports en commun ? On peut en douter. Et l’on aura ainsi coupé un lien essentiel entre la science qui se fait et la société civile.

librairiesmall.jpgParis finira-t-il par devenir un immense centre commercial avec ses enseignes de prestige, une ville musée pour touristes, avec ses logements aux loyers inabordables, une cité débarrassée de ses empêcheurs de penser en rond, de ses intellectuels, de ses étudiants, de ses librairies, de ses bibliothèques, de cet esprit critique et de cette créativité qui ont longtemps fait sa renommée ?

collgedefrance.jpgsorbonne.jpgLe Quartier Latin est pour nous bien plus qu’un  » lieu de mémoire « . La concentration au coeur de l’espace urbain d’un grand nombre d’institutions intellectuelles (l’ENS Ulm, Sciences Po, le Collège de France, la Sorbonne, l’Ecole des chartes, l’Ecole des mines, etc.) présente les propriétés d’un véritable campus. Un campus n’est rien d’autre, en effet, qu’un espace de concentration des ressources intellectuelles nécessaires à la recherche, dans une proximité spatiale qui favorise les échanges et les rencontres entre des chercheurs, des enseignants, des étudiants. C’est précisément un agencement de ce type qui permet de saisir les opportunités dont se nourrit l’innovation.

ulm.jpgbibliochartes.jpgSi ce projet devait aboutir, deux institutions qui jouent un rôle de premier plan dans la recherche française et qui ont fait leurs preuves là où elles se sont développées seraient ainsi transplantées en un lieu inadapté où elles ne pourront que s’étioler. La mise aux normes de sécurité et le désamiantage qui sont, certes, des obligations réglementaires, servent d’alibi à une opération de démantèlement qui ne dit pas son nom.

Les pouvoirs publics doivent impérativement avancer d’autres solutions de relogement, qui garantissent à l’EPHE et à l’EHESS les conditions indispensables à l’exercice de leur activité. A défaut, il y a lieu de craindre que cette relocalisation désastreuse n’aboutisse à sacrifier les exigences de créativité et de liberté de la recherche et de l’enseignement à un pur calcul de rentabilité à court terme. Aujourd’hui l’EPHE et l’EHESS sont en première ligne. A qui le tour demain ?

Philippe Descola, Claude Hagège, Françoise Héritier, Michel Tardieu, professeurs au Collège de France ; Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Charles Malamoud, Brigitte Mondrain, Hedwige Rouillard-Bonraisin, directeurs d’études à l’EPHE ; Alain Blum, Luc Boltanski, André Burguière, Robert Descimon, Vincent Descombes, Pierre Encrevé, Maurice Godelier, François Hartog, Jean Malaurie, Yan Thomas, Alain Touraine, Michel Wieviorka, directeurs d’études à l’EHESS ; Cyril Lemieux, maître de conférences.

© Le Monde

22 octobre, 2007

Résumé des épisodes précédents (à l’attention de celles et ceux qui ne sont pas au courant du problème que rencontre actuellement l’EHESS)

Classé sous Récit — parcelle521 @ 18:20

Ce résumé des faits n’a pas la prétention d’être objectif, quoiqu’il s’y efforce du point de vue de son auteur. Pour contester tout ou partie de cette présentation, n’hésitez pas à utiliser le champ « commentaires ».

desamiantage.jpg1. Le désamiantage – En application de la loi, les pouvoirs publics imposent que l’immeuble sis à Paris, 54 boulevard Raspail, qui abrite à la fois la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), soit désamianté. L’opération exige, pour des raisons de sécurité, que les lieux soient entièrement vidés. L’EHESS et la FMSH vont donc être contraintes de déménager, au moins temporairement.

2. Déménagement temporaire ou définitif ? – L’administrateur de la FMSH plaide pour un déménagement qui ne soit que temporaire: il tente d’obtenir des pouvoirs publics la garantie que son institution pourra réintégrer le 54 boulevard Raspail, une fois celui-ci débarassé de son amiante. La présidente de l’EHESS a une vision différente: elle plaide pour que ce déménagement imposé soit l’occasion d’une réimplantation définitive de l’Ecole dans un site qui offrirait à ses Centres les mètres carrés de locaux qui leur font actuellement cruellement défaut aubervilliers.gif(de nombreux chercheurs de l’EHESS n’ayant tout simplement pas de bureau à leur disposition). La commune d’ Aubervilliers, en proche banlieue parisienne, et plus précisément, la zone appelée « plaine Saint-Denis » (où se trouvent actuellement une vaste friche industrielle et des entrepôts de grossistes de l’habillement), a paru à la présidence l’endroit adéquat pour cette réimplantation définitive. En effet, l’installation de l’EHESS dans ce lieu précis a le soutien de l’Etat et de la Région, et s’inscrira dans la perspective de constituer un complexe universitaire au nord de Paris, où se trouvent déjà les universités de Paris 8 et Paris 13, ainsi que la MSH Paris Nord

3. Oppositions au choix d’Aubervilliers – A l’intérieur de l’EHESS, ce projet est approuvé par nombre de chercheurs et d’enseignants mais il rencontre aussi des opposants. debat.gifCes derniers avancent des raisons diverses: certains ont des doutes sur le nombre de mètres carrés qui sera effectivement gagné, au final, par rapport à celui dont l’EHESS dispose actuellement dans Paris; d’autres sont sceptiques sur la possibilité de réaliser à brève échéance un campus universitaire digne de ce nom sur le site désigné à Aubervilliers, redoutant en particulier l’absence de bibliothèque (notamment, si la FMSH rapatrie la sienne au 54 boulevard Raspail, après le désamiantage), et pronostiquant, dans un environnement trop démuni en infrastructures d’accueil, une démoralisation des personnels, de l’absentéisme et un effondrement de l’attractivité et du prestige de l’EHESS ; d’autres encore ne comprennent pas pourquoi aucune autre alternative de relogement, temporaire ou définitive, n’a été prospectée dans Paris intra muros ; d’autres enfin (ou les mêmes) critiquent le processus de décision qui a abouti au choix d’Aubervilliers qui, disent-ils, est moins un « choix » qu’une prise de décision unilatérale qui leur est imposée.

dmnagement.jpg4. L’accélération subite du déménagement – Dans un premier temps, ces espoirs et ces inquiétudes se déploient avec pour horizon les années 2010/2012. Ce n’est qu’à ce moment-là en effet que le bâtiment accueillant définitivement l’EHESS est censé être livré. Or, au début de septembre 2007, les personnels de l’EHESS et de la FMSH sont informés que le déménagement va être accéléré. Il aura lieu dès septembre 2008. Non pas, par définition, sur le site « final » d’Aubervilliers mais tout à côté, dans un bâtiment actuellement en voie de finition, qui sera livré courant 2008. Ce bâtiment est censé accueillir provisoirement l’EHESS et la FMSH (ainsi que l’EPHE), le temps qu’ait lieu le désamiantage du 54 boulevard Raspail (pour la FMSH) et la construction du bâtiment définitif (pour l’EHESS).

img58001.jpg5. La prise de conscience de ceux qui sont allés voir – Certains membres du personnel enseignant et administratif de l’EHESS ayant eu la curiosité de se rendre sur la « parcelle 521″ où est en train d’être achevé le bâtiment destiné à accueillir (a priori) provisoirement leur établissement, ils en reviennent catastrophés. Le bâtiment, en lui-même, est un immeuble de bureaux d’une extrême banalité (en cela, il n’est ni plus, ni moins inesthétique que n’importe quel immeuble du genre). En revanche, l’environnement urbain dans lequel il est implanté, impressionne par son caractère inhospitalier: aucun immeuble d’habitation. Aucun résident. Aucun espace vert. Pratiquement aucun arbre. Aucun commerce. Aucun café. Aucun restaurant. Un univers d’entrepôts et de friches entièrement dédié aux camions. [on consultera les photos ci-après]. Une pétition intitulée « Face au risque de démantèlement de l’EHESS et de ses Centres » est alors rédigée et publiée le jeudi 20 septembre avec le soutien de 60 enseignants, chercheurs et administratifs de l’EHESS [voir ci-contre, colonne de gauche].

aveugles00.jpg6. Quel est le sens de cette pétition? – Parmi ces soutiens initiaux, et ceux, nombreux, qui les rejoignent dans les jours suivants, certains ne cachent pas qu’ils sont hostiles au projet « final » d’Aubervilliers. Mais tous ne le sont pas. Ces sensibilités différentes se retrouvent sur le front d’un même refus: celui du déménagement accéléré de septembre 2008 dans l’endroit inhospitalier actuellement imposé (la parcelle 521). S’il avait lieu, estiment-ils, ce déménagement précipité aurait des effets profondement destructeurs sur l’EHESS et sur le fonctionnement des Centres (absentéisme, stratégies individuelles de « sortie », morosité et surtout, d’extrêmes difficultés matérielles et techniques à faire son travail, c’est-à-dire tout à la fois de la recherche, de l’enseignement et un suivi convenable des étudiants).

29 septembre, 2007

L’injure facile

Classé sous Arguments — parcelle521 @ 12:16

Etrangement, les attaques contre la pétition se sont presque entièrement concentrées sur un seul et unique argument: les pétitionnaires seraient des « nantis »; leur réticence vis-à-vis du déménagement précipité en septembre 2008 à Aubervilliers s’expliquerait par leur habitus de classe, bourgeois.

banquierdaumier.jpg1) Les pétitionnaires sont des nantis – Sans doute est-ce là, en effet, une qualification qui peut convenir à un certain nombre d’entre eux: directeurs d’études à l’EHESS ou directeurs de recherche au CNRS dont certains (mais c’est loin d’être le cas de tous) ont leur demeure au cœur de Paris et dont les revenus peuvent dépasser 4000 euros par mois. Cependant, le qualificatif s’applique déjà avec plus de difficultés aux maîtres de conférences de l’EHESS et aux chargés de recherche au CNRS, qui représentent pourtant plus du tiers des signataires, et dont les revenus oscillent généralement entre 2000 et 2500 euros par mois. Et que dire des ITA EHESS et CNRS qui représentent près de 30% des signataires? Parmi eux/elles, certain-e-s touchent entre 1000 et 1200 euros par mois. Beaucoup vivent en moyenne ou lointaine banlieue. Que dire enfin des doctorants qui ont signé la pétition? Certains, n’ayant pas la chance d’avoir une allocation de recherche, vivent de petits boulots et de l’aide de leurs parents. Des « nantis »?

marionnettes1172250740.jpgSi certains opposants à la pétition appliquent indifféremment cette qualification de « nantis » à ceux à qui, à la limite, elle pourrait s’appliquer et à ceux (qui sont la majorité des pétitionnaires) pour qui elle est tout simplement inadéquate (voire dans certains cas, proprement scandaleuse), n’est-ce pas parce qu’ils tendent à considérer les seconds comme quantités négligeables ? Ou comme signataires manipulés (ce qui revient à leur dénier l’autonomie de jugement qu’ils s’attribuent si généreusement à eux-mêmes)? Il se pourrait finalement que ceux qui manifestent le plus grand mépris social à l’égard des moins bien lotis soient ceux-là même qui, en les rangeant du côté des « nantis », estiment implicitement que leur opinion, soit est nulle et non avenue, soit ne peut pas être considérée comme le fruit d’une pensée autonome.

privileges.jpg2) Les pétitionnaires n’ont aucun sens de l’intérêt général – On suggère que les enseignants-chercheurs hostiles au « déménagement précipité » à Aubervilliers sont « comme par hasard » ceux qui bénéficient actuellement de mètres carrés et de confort au sein de l’EHESS. Egoïstement, ces privilégiés ne voudraient pas « lâcher » les bureaux qu’ils occupent, se montrant, en cela, particulièrement peu solidaires avec le sort des moins chanceux de leurs collègues qui ne bénéficient pas, actuellement, de bureau ou doivent le partager avec d’autres, dans une promiscuité qui rend leur travail pénible et difficile. Pourtant, parmi les enseignants-chercheurs signataires, un certain nombre n’ont pas, eux-mêmes, de bureau et travaillent chez eux. D’autres ont un bout de bureau qu’il leur faut partager. Comment expliquer que la promesse des mètres carrés qui les attendent (leur dit-on) à Aubervilliers, ne les séduise pas plus? Comment osent-ils cette « insulte aux sans abris, sans papiers et autres sans emplois » (sic) qu’est le refus de ces mètres carrés qui leur tendent les bras? C’est peut-être qu’ils considèrent que leur outil de travail ne se résume pas à la possession de mètres carrés mais comprend aussi, par exemple, un accès aisé à des bibliothèques. C’est peut-être aussi que s’ils jugent le projet « final » d’Aubervilliers discutable (au bon sens du terme), ils trouvent en revanche le projet « déménagement précipité » d’Aubervilliers indiscutablement dangereux pour l’institution. Et si, au fond, ces personnes-là avaient elles aussi un certain sens de l’intérêt général de leur institution?

artofselfishness.jpgCela pourrait expliquer que des chercheurs-enseignants de l’EHESS qui ne sont pas eux-mêmes directement concernés par le déménagement précipité à Aubervilliers (comme par exemple certains membres des antennes de l’EHESS à Marseille ou à Toulouse) aient néanmoins signé la pétition. Cela pourrait expliquer, de même, la signature de chercheurs étrangers et d’universitaires français extérieurs à l’établissement. Rabattre systématiquement la signature de la pétition sur la défense d’intérêts personnels serait alors une façon de dénier que certains signataires, pour ne pas dire tous, puissent être attachés à l’institution pour des raisons pas seulement matérielles, qu’ils puissent l’aimer et s’inquiéter légitimement pour son avenir.

mtro.jpg3) Le projet d’Aubervilliers est « social » – Des personnes qui habitent à une heure au sud de Paris en mettront dorénavant presque deux pour venir travailler. Si ce sont des personnels administratifs (IATOS par exemple), accomplir tous les jours ce trajet sera obligatoire. De leur côté, nombre d’enseignants-chercheurs prévoient déjà, même parmi les plus favorables au projet « final » d’Aubervilliers, de ne venir que certains jours à leur bureau. Certains ne viendront pratiquement jamais: ils le laissent d’ores et déjà entendre (lors même que parmi eux, certains se déclarent favorables au déménagement envisagé !). Tout ceci n’invalide nullement, en soi, le projet d’Aubervilliers. Mais cela jette néanmoins un sérieux doute sur l’idée qu’un tel projet serait particulièrement « social »: il a toutes les chances d’accroître au contraire les disparités entre les types de personnels.

Quant à l’idée (entendue ici ou là) que la présence de l’EHESS dans cette zone d’Aubervilliers, va créer une synergie avec les milieux populaires des alentours et ainsi, « rapprocher les sciences sociales des banlieues » (sic), on peut en douter pour la simple raison que, pour l’instant du moins, la zone ne comporte pas, à proximité, d’habitants, mais presqu’exclusivement des entrepôts. Seule une politique active, si tant est qu’elle soit judicieuse, pourrait permettre ce genre de dynamique entre l’EHESS et son nouvel environnement. Dans cette perspective, l’exemple de Sciences-po semble bien plus probant: permettre, dans un premier temps, à des jeunes issus des « banlieues » de venir étudier dans le cœur de Paris, et mieux encore, dans un quartier où se concentrent les pouvoirs politiques et intellectuels ; puis, dans un second temps, établir une extension (et non pas: déménager) dans une commune de la banlieue parisienne, afin de fortifier ce lien.

Conclusion – Peut-être est-il temps d’arrêter les injures de classe à l’égard des pétitionnaires, injures qui masquent mal, en l’occurrence, l’absence d’arguments en faveur du déménagement précipité à Aubervilliers dès septembre 2008. 1) Les caractéristiques socio-économiques des signataires de la pétition ne sont en rien différentes de celles des opposants à la pétition. On trouve, chez les pétitionnaires, multitude de gens qui gagnent moins de 1500 euros par mois et ont à subir quotidiennement plus de deux heures de transport pour rejoindre leur lieu de travail et en revenir. De même trouve-t-on, chez les opposants à la pétition, un grand nombre de directeurs d’études de l’EHESS ou de directeurs de recherche au CNRS qui vivent très confortablement et ont des habitudes de consommation des plus bourgeoises. 2) Les signataires de la pétition ont, au moins autant que leurs opposants, un sens de l’intérêt général de l’EHESS et un sens de leur responsabilité vis-à-vis de l’avenir de cette institution. On peut désapprouver leur démarche: on ne saurait pour autant, sans les insulter, nier qu’ils puissent être animés, non seulement par des intérêts matériels personnels (comme c’est aussi le cas, au demeurant, des opposants à la pétition) mais encore par une réflexion sur ce que doit être l’EHESS. 3) Les signataires de la pétition ont, au moins autant que leurs opposants, une sensibilité aux problèmes sociaux, qu’il s’agisse, à l’intérieur de leur établissement, de la disparité des conditions de vie et de travail entre les personnels ou, à l’extérieur, de la relégation qui frappe les habitants d’un certain nombre de communes dites de « banlieue » et grève le destin de leurs enfants.

CL

22 septembre, 2007

Qui peut signer?

Classé sous — parcelle521 @ 12:29

Sont invités à signer le texte non seulement les enseignants, les chercheurs et les administratifs de l’EHESS et des Centres de recherche qui lui sont rattachés, à Paris et en région, mais encore, les universitaires français et les chercheurs étrangers qui le souhaitent – la pétition visant « un large soutien [...] de la part de toutes les institutions françaises et internationales de recherche en sciences sociales qui sont depuis longtemps nos partenaires et qui sont parties prenantes dans ce qui nous arrive ». Egalement, bien sûr, les doctorants et ex-doctorants de l’EHESS. Ainsi que les responsables de revues scientifiques et les acteurs du monde de l’édition en sciences sociales.

294 nouveaux signataires

Classé sous — parcelle521 @ 11:57

Monia Abdallah (doctorante EHESS) – Sylvie Adamo (ITA CNRS) – Christine Agriantoni (professeur à l’Université de Thessalie, Grèce) – Laurent Albaret (doctorant EHESS) – Ana Maria Almeida (professeur à UNICAMP, São Paulo, Brésil) – Tassos Anastassiadis (membre de l’Ecole française d’Athènes) – Saverio Ansaldi (maître de conférences à l’université Montpellier 3) – Agnès Antoine (PRAG à l’EHESS) – Christiane Artz (ITA CNRS) – Jackie Assayag (directeur de recherche au CNRS) – François Azouvi (directeur d’études à l’EHESS) – Henri Atlan (directeur d’études à l’EHESS) – Marion Aubrée (ITA EHESS) – Aicha Bachir Bacha (ITA EHESS) – Janine Barbot (chargée de recherche à l’INSERM) – Michela Barbot (professeur contractuelle à l’Università Luigi Bocconi, Milan, Italie) – Emmanuelle Barozet (professeur à l’Universidad de Chile, Santiago, Chili) – Laurent Barry (maître de conférences à l’EHESS) – Yannick Barthe (chargé de recherche au CNRS) – Mauro Basaure (chercheur à l’Institut für Sozialforschung, Frankfurt am Main, Allemagne) – Patrick Beillevaire (directeur de recherche au CNRS) – Irène Bellier (directrice de recherches au CNRS) – Nicole Belmont (directrice d’études à l’EHESS) – Gilberte Beluin (ITA EHESS) – Laurent Berger (visiting fellow à la London School of Economics) – Annie Bergeret Curien (chargée de recherche au CNRS) – Louis Bergeron (directeur d’études à l’EHESS) – Gabriel Bergounioux (professeur à l’université d’Orléans) – Agueda Bernardete Bittencourt (professeur à l’Universidade Estadual de Campinas, São Paulo, Brésil) – Jay M. Bernstein (professeur à la New School for Social Research, New York) – Jean-Pierre Berthe (directeur d’études à l’EHESS) – Francis Berthelot (chargé de recherche au CNRS) – Christine Bertrand (maître de conférences à l’université Paris 6) – Bénédicte Bilodeau (ITA EHESS) – Sophie Bily (ITA EHESS) – Jacques Bismuth (ITA EHESS) – Roberto Bizzocchi (professeur à l’Università di Pisa, Italie) – Anny Bloch-Raymond (ITA CNRS) – Francesco Boldizzoni (chercheur à l’université de Cambridge, Royaume-Uni) – Carl Bolduc (post-doctorant à l’EHESS) – Jean-Claude Bonne (directeur d’études à l’EHESS) – Michel Bonnin (directeur d’études à l’EHESS) – Françoise Bottéro (chargée de recherches au CNRS) – Ginette Boulet (ITA EHESS) – Michel Bourdeau (directeur de recherches au CNRS) – Jean-François Braunstein (maître de conférences à l’université de Paris I) – Marc Breviglieri (maître de conférences à l’IUT de Paris V) – Jean-Louis Briquet (directeur de recherche au CNRS) – Josiane Bru (ITA EHESS) – Nathalie Brusseaux (ITA EHESS) – Esteban Buch (maître de conférences à l’EHESS) – Martine Burgos (ITA EHESS) – Viviana Cáceres-Draper (doctorante EHESS) – Juliette Cadiot (maître de conférences à l’EHESS) – Denis Cailleaux (maître de conférences à l’université de Bourgogne) – Magdalena Cámpora (professeur assistante à l’Universidad Católica, Buenos Aires, Argentine) – Iris Campos (ITA EHESS) – Agnès Camus-Vigué (chargée d’études au Centre Georges Pompidou) – Damien Cartron (ITA CNRS) – Christine Castelain Meunier (chargée de recherche au CNRS) – Marco Cattini (professeur à l’Università Luigi Bocconi, Milan, Italie) – Daniel Cefai (maître de conférences à l’université Paris 10) – Laura Centemeri (post-doctorante à l’Università di Milano, Italie) – Suzanne Chane Kon (ITA EHESS) – Patrick Charaudeau (professeur à l’Université de Paris 13) – Jean-Marie Charon (chercheur au CNRS) – Valérie Chaufourier (ITA EHESS) – Pierre Chauvin (chargé de recherche à l’INSERM) – Bernard Chavance (professeur à l’université Paris 7) – Monique Chevallier-Schwartz (ITA CNRS) – Jacques Cheyronnaud (directeur de recherche au CNRS) – Jacques Chiffoleau (directeur d’études à l’EHESS) – Claudine Cohen (maître de conférences à l’EHESS) – Enzo Colombo (professeur à l’Università degli studi di Milano, Italie) – Bernard Conein (professeur à l’université de Nice-Sophia Antipolis) – Emanuele Conte (professeur à l’università di Roma Tre, Italie) – Emilienne Coursier (ITA EHESS) – Charles Coustille (étudiant à l’IEP de Paris) – Anne Creissels (docteure de l’EHESS) – Alexandros Dagkas (maître de conférences à l’Université Aristote, Théssalonique, Grèce) – Monique Dagnaud (directrice de recherche au CNRS) – Françoise Daucé (maître de conférences à l’université de Clermont-Ferrand) – Hosham Dawod (ITA CNRS) – Donatella Della Porta (professeur à l’Institut universitaire européeen, Florence, Italie) – Nicolas Denoize (étudiant, IEP de Bordeaux) – Brigitte Derlon (maître de conférences à l’EHESS) – Jean-Louis Derouet (professeur à l’INRP) – Marie-Claude Derouet-Besson (maître de conférence à l’INRP) – Vincent Descombes (directeur d’études à l’EHESS) – Alexis Desgagnés (doctorant à l’Université de Montréal, Canada) – Alain Desrosières (chercheur à l’INSEE) – Emmanuel Désveaux (directeur d’études à l’EHESS) – Georges Didi-Huberman (maître de conférences à l’EHESS) – Jean-Pierre Digard (directeur de recherche émérite au CNRS) – Carmen Diop (ITA à l’université Paris 1) – Patrizia Dogliani (professeur à l’Université de Bologne, Italie) – Salvatore d’Onofrio (chargé de conférences à l’EHESS) – Mathieu Droesch de Sury (étudiant, Université Marc Bloch, Strasbourg) – Kai Dröge (chercheur à l’Institut für Sozialforschung, Frankfurt am Main, Allemagne) – Marie-Elizabeth Ducreux (directrice de recherche au CNRS) – Pascal Duret (professeur à l’université de la Réunion) – Christian Duverger (directeur d’études à l’EHESS) – Nina Eliasoph (University of Southern California) – Yolaine Escande (directrice de recherche au CNRS) – Arnaud Esquerré (doctorant EHESS, chargé de cours à l’IEP de Paris) – Jean-Noël Ferrié (directeur de recherche au CNRS) – André Filler (maître de conférences à l’université Paris VIII) – Sophie Fisher (maître de conférences à l’EHESS) – François Flahault (directeur de recherche au CNRS) – Luc Foisneau (chargé de recherche au CNRS) – Marie Fourcade (ITA EHESS) – Bastien François (professeur à l’université Paris I) – Bruno Frère (chargé de recherches au Fonds National de la Recherche Scientifique, Bruxelles) – Daniel Gabay (directeur de recherche au CNRS) – Mischa Gabowitsch (lecturer à Princeton University, Etats-Unis) – Wanda Gaignebet (ITA EHESS) – Nicolas Gaillard (chargé de cours à l’Université Hosei, Japon) – Juan Carlos Garavaglia (directeur d’études à l’EHESS) – Julien Garcia (doctorant, université de Nice) – María Marta García Negroni (directeur d’études à l’Université de Buenos Aires, Argentine) – Françoise Gaspard (maîtresse de conférences à l’EHESS) – Florent Gaudez (professeur à l’université UMPF-Grenoble 2) – Michel Gaudet (ITA EHESS) – Alexandre Gaudin (doctorant EHESS Marseille) – Carole Gayet-Viaud (doctorante EHESS) – Valérie Gelézeau (maître de conférences à l’EHESS) – Simone Geoffroy-Poisson (ITA CNRS) – François Georgeon (directeur de recherche au CNRS) – Hélène Geroyannis (ITA EHESS) – Laura Gherardi (doctorante EHESS/Universitè Cattolica de Milan) – Carlo Ginzburg (professeur à la Scuola Normale Superiore, Pisa, Italie) – Barbara Glowczewski (directrice de recherche au CNRS) – Martine Godet (ITA CNRS) – Catherine Goldstein (directrice de recherches au CNRS) – Nilufer Gole (directrice d’études à l’EHESS) – Philippe Gonzalez (chercheur à l’Université de Fribourg, Suisse) – Catherine Gousseff (chargée de recherche au CNRS) – Dmitri Gouzévitch (ITA EHESS) – Irina Gouzévitch (ITA EHESS) – Christelle Gramaglia (chargée de recherche au Cemagref) – Maurizio Gribaudi (directeur d’études à l’EHESS) – Cécile Gribomont (directrice de la rédaction de la revue de sciences sociales Incidence) – Malte Griesse (doctorant EHESS) – Pascale Gruson (chargée de recherches au CNRS) – Serge Gruzinski (directeur d´études à l’EHESS) – Catherine Guaspare-Cartron (ITA CNRS) – Catherine Guéraud (ITA EHESS) – Anne-Marie Guillemard (professeur à l’université Paris 5) – Dominique Guillo (chargé de recherche au CNRS) – Christine Guionnet (maître de conférences à l’université Rennes 1) – Danièle Hanet (ITA CNRS) – Laurent Henry (ITA EHESS) – Françoise Héritier (professeur au Collège de France) – Jean-Philippe Heurtin (professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin) – Djallal Heuzé (directeur de recherches au CNRS) – Frédéric Hitzel (chargé de recherche au CNRS) – Peter Hochet (doctorant EHESS Marseille) – Kunihisa Izumi (professeur à l’Université Sophia, Tokyo, Japon) – Jean Jamin (directeur d’études à l’EHESS) – Baber Johansen (professeur à Harvard Divinity School, Etats-Unis) – Gérard Jorland (directeur d’étude à l’EHESS) – Josiane Jouët (professeur à l’université Paris 2) – Frédéric Joulian (maître de conférences à l’EHESS) – Jean-Noël Jouzel (ATER à l’IEP de Grenoble) – Leslie Juillet (étudiante à l’EHESS) – Elzbieta Kaczynska (professeur à l’université de Varsovie, Pologne) – Yuri Kazepov (chercheur à l’Università di Urbino, Italie) – Farhad Khosrokhavar (directeur d’étude à l’EHESS) – Kohei Kida (maître de conferences a l’Universite Keio, Tokyo, Japon) – Christiane Klapisch-Zuber (directrice d’études à l’EHESS) – Anne Kropotkine (doctorante EHESS) – Claudette Lafaye (maître de conférences à l’université Paris VIII) – Jérôme Lamarque (ITA EHESS) – Michèle Lamont (professeur à Harvard University, Etats-Unis) – Mickaël Lantin (doctorante EHESS) – Philippe de Lara (professeur de philosophie) – Roland Lardinois (chargé de recherche au CNRS) – Sandra Laugier (professeur à l’université de Picardie) – Susan Layton (visiting research fellow, Edinburgh University, Ecosse) – Dominique Lebleux (ITA EHESS) – Yvon Le Bot (directeur de recherche au CNRS) – Michèle Leclerc-Olive (chargée de recherche au CNRS) – Jacques Leenhardt (directeur d’études à l’EHESS) – Jacqueline Léon (chargée de recherche au CNRS) – Alfredo Lescano (doctorant EHESS, ATER à l’université de Toulouse II) – Paul Lichterman (professeur à l’University of Southern California, Etats-Unis) – Julien Loiseau (maître de conférences à l’Université Montpellier 3) – Muriel Loosfelt (ITA CNRS) – Jun Ma (doctorant EHESS) – Georges Mamoulia (doctorant EHESS) – Perrine Mane (directrice de recherches au CNRS) – Mathieu Marraud (ITA CNRS) – Céline Martin (maître de conférences à l’Université Bordeaux-III) – Guido Martinotti (professeur à l’Università degli studi di Milano-Bicocca et au SUM de Florence, Italie) – Brigitte Mazon (ITA EHESS) – Debora Mazza (professeur à UNICAMP, São Paulo, Brésil) – Dominique Mehl (directrice de recherche au CNRS) – Dia Micaidou (ITA EHESS) – Sérgio Miceli (professeur à l’Université de São Paulo, Brésil) – Adrien Minard (doctorant EHESS) – Marie José Mondszain (directrice de recherche au CNRS) – Alexandre Monnin (vacataire de recherche à l’Ecole nationale des Chartes) – Marie-Ange Moreau (professeur à l’Institut universitaire européeen, Florence, Italie) – Martine Morier (ITA EHESS) – Claire Mouradian (directrice de recherche au CNRS) – Marie-Claude Muñoz (ITA EHESS) – Brigitte Navelet-Noualhier (ITA CNRS) – Florence Noridal (gestionnaire contractuelle à l’EHESS) – Romuald Normand (maître de conférences à l’université Lyon 2) – Michel Nycz (ITA FMSH) – Jocelyne Ohana (ITA CNRS) – Tomonori Okubo (maître de conférences a l’Université de Kansai, Japon) – Emmanuelle Olivier (chargée de recherche au CNRS) – Kristell Olsen (ITA EHESS) – Jean-Louis Ormières (ITA EHESS) – Sophie Palvadeau (maître de conférence à l’Université des Ryukyu, Japon) – Patricia Paperman (maître de conférences à l’université Paris VIII) – Bruno Péquignot (professeur à l’université Paris 3) – Sergio Pereira Leite (directeur d’études au CPDA, Rio de Janeiro, Brésil) – Jean-Pierre Peter (directeur d’études à l’EHESS) – Socrate Petmezas (professeur assistant à l’Université de Crète, Grèce) – Bernard Picon (directeur de recherche au CNRS) – Laurence Podselver (ITA EHESS) – Christopher Pollmann (professeur à l’Université de Metz) – Marie Anne Polo de Beaulieu (directrice de recherche au CNRS) – Jacques Pouchepadass (directeur de recherche au CNRS) – Jean-Marie Privat (professeur à l’université de Metz) – Deborah Puccio-Den (chargée de recherche au CNRS) – Rachel Reckinger (doctorante EHESS Marseille) – Catherine Rémy (chargée de recherche au CNRS) – Audrey Richard-Ferroudji (doctorante Cemagref/EHESS) – Alicia Rinaldy (doctorante, Benemerita Universidad Autonoma de Puebla, Mexique) – Gábor Rittersporn (directeur de recherche au CNRS) – Cécile Robert (chargée de recherche au CNRS) – Anne Rocha Perazzo (ITA EHESS) – Jeanne Riaux (post-doctorante au Cemagref) – Michel Rogalski (ITA CNRS) – Ionela Roharik (ITA CNRS) – Janet Roitman (chargée de recherche au CNRS) – Corinne Rossari (professeur à l’Université de Fribourg, Suisse) – Claude Rosental (chargé de recherches au CNRS) – Victor Rosenthal (chargé de recherche à l’INSERM) – Luca Rossi (post-doctorant EHESS) – Adeline Rucquoi (directrice de recherches au CNRS) – Steve Sabatto (architecte DPLG, doctorant EHESS) – Maxime Saint-Hilaire (doctorant à l’université Laval, Canada) – Sylvette Saint-Julien (ancienne doctorante à l’EHESS) –Claudine Salmon (directeur de recherche émérite au CNRS) – Margot Salsmann (doctorante EHESS) – Michel Salsmann (professeur ENSBA Paris) – Jacques Sapir (directeur d’études à l’EHESS) – Marie-Ange Schiltz (ITA CNRS) – Philippe Sénéchal (professeur à l’Université de Picardie) – Anastasia Serghidou (maître de conférences à l’Université de Crète, Grèce) – Silvia Serrano (maître de conférences à l’université d’Auvergne) – Catherine Servan-Schreiber (chargée de recherche au CNRS) – Carlo Severi (directeur d’études à l’EHESS) – William Sewell (professeur émérite à l’University of Chicago, Etats-Unis) – Michel Schiray (directeur de recherche du CNRS) – Monique Sicard (chargée de recherche au CNRS) – Luis Augusto Silva Ontiveros (doctorant EHESS) – Alexandre Surrallés (chargé de recherche au CNRS) – Richard Swedberg (professeur à Cornell University, Etats-Unis) – Emily Tanimura (doctorante EHESS) – Madeleine Tchimichkian (ITA CNRS) – Ignasi Terradas (professeur à l’Universitat de Barcelona, Espagne) – Cédric Terzi (maître de conférences à l’Université de Lille 3) – Jean-Marc Tétaz (président de la Société Romande de Philosophie, Suisse) – María Emilia Tijoux (professeur à l’Universidad de Chile, Santiago, Chili) – Houari Touati (directeur d’études à l’EHESS) – Christophe Traïni (maître de conférences à l’IEP d’Aix-en-Provence) – Gérôme Truc (allocataire de recherche à l’EHESS) – Valentina Vapnarsky (chargée de recherche au CNRS) – Madalina Vartejanu-Joubert (chargée de cours à l’EHESS) – Claude Vatin (ITA EHESS) – Catherine Velay-Vallantin (maître de conférences à l’EHESS) – Pascal Vennesson (professeur à l’Institut universitaire européeen, Florence, Italie) – Silvana Vetö (étudiante Université Paris VIII) – Noëlie Vialles (maître de conférences au Collège de France) – Marion Vicart (doctorante EHESS) – Daniel Vidal (directeur de recherche au CNRS) – Denis Vidal (directeur de recherche à l’IRD) – Jean Vinatier (ancien élève de l’EPHE) – Tommaso Vitale (professeur assistant à l’Università degli Studi di Milano-Bicocca, Italie) – Marie-Christine Vouloir (ITA EHESS) – Michel Weemans (chargé de conférences à l’EHESS) – Lisette Winkler (ITA à la Fondation de la MSH) – Larissa Zakharova (post-doctorante à l’EHESS) – Romain Zanolli (gestionnaire contractuel à l’EHESS) – Anna Zaytseva (doctorante EHESS) – Françoise Zonabend (directrice d’études à l’EHESS)

Le texte de la pétition

Classé sous — parcelle521 @ 11:46

Face au risque de démantèlement de l’EHESS et de ses Centres

Nous, enseignants, chercheurs et administratifs de l’EHESS et des Centres rattachés, refusons le déménagement de notre établissement en septembre 2008 en dehors de Paris, dans une zone dépourvue de tous les équipements nécessaires au travail intellectuel.
Ce qui nous est imposé signifierait le démantèlement de l’Ecole et l’impossibilité de poursuivre la mission que nous a confiée l’institution à laquelle nous appartenons. Cette mission, orientée à la fois vers la recherche et vers la formation d’étudiants de 3e cycle à la recherche, ne peut pas être développée, ni même maintenue, si chercheurs, enseignants et étudiants ne disposent plus d’un environnement dans lequel ils aient un accès normal aux livres et autres instruments matériels de la recherche et également à la communauté vivante des chercheurs.

Nous n’acceptons pas d’être soumis aux aléas de décisions qui nous sont imposées dans l’urgence et dont nous sommes informés comme d’une fatalité.

Nous sommes prêts à tout faire pour empêcher la poursuite du processus en cours. Nous appelons à une large mobilisation et à un large soutien, bien au-delà de notre propre Ecole et de ses Centres, de la part de toutes les institutions françaises et internationales de recherche en sciences sociales qui sont depuis longtemps nos partenaires et qui sont parties prenantes dans ce qui nous arrive.

Alex Blog |
Notre mariage - Il nostro m... |
L'Association des Parents d... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CANTERBURY T@LES
| Blog du niveau intermédiaire
| Gregmontres